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Evasion Virtuelle 20- Une mauvaise surprise

Posted by: naboulove on: November 5, 2009

20- Une mauvaise surprise

 -Et encore Une bouteille de Laurent Pépé Champagne ya ba stars[i] pour la grande Cynthia !!! Le DJ du RamDam hurlait à tue-tête dans le micro .

 – Spécial dédicace à la grande prêtresse  très très forte  Cynthia Mwasi Kitoko[ii]! Fally Pupa di Caprio la Merveille !! Nzembo  «Liputa » pona yo moko[iii]. Les yeux de Cynthia brillait ! elle exultait ! Elle était la Star de la soirée. L’étoile du moment. Elle se tortilla sur la piste chantant en chœur avec Fally : « Vers-moi ,vers- moi ,vers-moi , vers-moi. Sango nasuka ya misa alobaka oyo aza na matoyi oyoka , motema a ndima. Est-ce que oyoki? Est-ce tu as entendu ? na yoki te!je n’ai pas entendu !  Est-ce que ondimi? Est-ce que tu as cru ?  Na ndimi te !Je n’ai pas cru

Elle avait accompli sa part de marché : un infanticide en échange d’une part de rêve, de quelques billets, du plaisir de la possession. Pour elle, luttant tous les jours pour assurer sa survie quotidienne, garantir quelques bouts de chikwangue[iv] et des matembélés[v] à sa famille, les six millions de franc cfa reçus de John représentaient le Jackpot. Le tarif de ses passes était passé de 15000 cfa à 6.000.000 fcfa. La plus grande inflation de tous les temps. Elle se sentait riche d’un trésor inépuisable.  Enfin , c’est mon tour !!! Elle donna corps et vie à ses ambitions fantasques, engageant une course effrénée dans les boutiques  branchées des Wara  de Poto-Poto[vi] « chez Guèye », « chez Isma ». Son ambition se limitait à s’offrir toutes les fringues convoitées depuis des lustres: la robe de Pamela, les hauts talons de Germaine, le sac d’Amina, les boucles d’oreille de Natty… Sa liste se rallongeait, interminable. L’acquisition de pacotilles et de bling bling  la rassurait dans son nouveau statut. Elle était enfin reconnue parmi la multitude. Une pute bling bling.

Pendant son shopping, elle déambulait dans  les Faubourgs escarpés et défoncés de Brazza, escortée d’une horde de collègues de nuit transformées en parasites occasionnelles. Elles sillonnaient en bande  l’Avenue de la Paix , la rue Mbaka, les tailleurs de la rue Mfoa, et le marché de Moungali de long en large. La fièvre acheteuse brûlait en elle. Après les vêtements, elle investit dans des mèches brésiliennes et un tissage expert réalisé par Jeanette, La coiffeuse des élégantes   Mwasi ya Kilo de Brazza installée à l’avenue Loutassi Elle offrait, achetait, partageait. Presque rebaptisée le Messie de la nuit, réglant les problèmes de fringues et de maquillage des filles. Blindée de franc cfa  elle ne comptait plus que des amis, des nouvelles sœurs et des nouveaux frères. Elle était la coqueluche de son univers nocturne. Son nouveau look attirait des clients plus jeunes, des « fils de » et même quelques obscurs travailleurs de Mpila, la Présidence. Mais son rêve le plus cher était encore en suspens, :prendre l’avion pour Pointe-Noire et y dénicher un  Pétrolier moundélé[vii] qui ferait d’elle une femme  riche. Grisée par les quelques marches qu’elle venait de gravir,- elle était titulaire d’un compte en banque plein d’argent à la future Bank-, Elle projetait, planifiait sans arrêt, dépensant mentalement ce qu’elle n’avait pas encore dilapidé en futilités. J’ai fait du chemin depuis Ngiri-Ngiri en transitant par  le Beach, liboso kaka, toujours devant  !!Ngayi Cynthia ! Fille de joie, fille de boite. Etait-ce enfin le bout du tunnel ? Paradoxalement, l’homme qui avait obscurci son avenir avec des fausses promesses, était celui qui  lui avait fourni la clé de  la prospérité. Elle avait découvert les bénéfices du chantage, une forme de prostitution vile mais oh combien lucrative.

-       Eh Ya Gina Le batéké là je l’ai bien bouffé !

 Elle criait essayant de couvrir de sa voix la musique , embarquée dans des explications animés avec la «  grande soeur » . Cette dernière l’écoutait calmement , sourire figé aux lèvres. Toutes ces gesticulations ne l’émouvant guère, elle attendait sa part de gâteau. Son enveloppe. Cynthia le savait, mais elle prolongeait le récit de ses exploits afin de retarder le moment de passer à la caisse. Au fil de la conversation Gina sœur maquerelle lui rappela subtilement que c’était grâce à ses conseils éclairé  qu’elle a pu encaisser son magot : - Ehh leki nangayi, ma petite sœur à moi, quand je pense que tu voulais garder l’enfant et croire aux promesses de mariage du Gabonais .. Cette phrase pleine de non-dit était lourde de sens. Et Cynthia battue à son propre jeu de réagir, résignée : – Yaya Nangayi, grande sœur ya moto, j’ai une enveloppe pour toi. Cynthia a clos le débat sachant que dans cette jungle de la prostitution elle ne pouvait survivre sans sa protection. Bien qu’elle fut millionnaire en franc cfa, elle ne savait que faire la Pute.

Détendu, John avait les jambes confortablement allongées, dans le vol Gabon Airlines qui le ramenait au bercail. Un sourire de satisfaction éclairait son visage, plongé dans la lecture du quotidien « L’Union » du jour. Ses écarts lui avait couté cher : Quelques millions de francs Cfa  en échange de la paix ! Il avait décidé de faire une croix sur Cynthia et  rentrait, heureux de reprendre le cours normal de son existence, interrompu par un égarement passager. Il appuya retour rapide, sur la télécommande imaginaire qui n’existait que dans sa tête.  Il savait manier avec art la sensiblerie de Fanny. Elle  l’idolâtrait à un point tel qu’il saurait effacer les petits malentendus de l’année passée en lui offrant la class one de Chaumet dont elle rêvait tant. Oui je suis un bon mari après tout !  Sa femme, étant le miroir dans lequel la bonne société Gabonaise l’évaluait, le jaugeait, le soupesait, il se devait de la ménager. Le spectre de son père le hantait en permanence. J’espère ne pas blesser Fanny comme Papa a blessé Maman. Tout comme son père, il gâtait sa femme. Par Orgueil, il la couvrait de bijoux, soucieux de continuer à paraître Je suis un homme accompli, à la hauteur ! Il ne manquait rien à sa famille parfaite, mais dernièrement, il avait refusé à Fanny  sexe, amour et tendresse, en ne lui faisant l’amour que rarement et sans enthousiasme. J’étais envouté ! C’était l’excuse qui lui semblait la plus logique ! Seul l’irrationnel pouvait expliquer sa folie !Il savait qu’elle finirait par fléchir. Même si… Elle avait un comportement étrange ces derniers temps ! Ah les femmes ! Même s’il ne les comprenait pas souvent, il savait qu’elles avaient toutes un prix, une corde sensible sur laquelle il fallait savoir tirer. C’est vrai,  Fanny  l’avait aimé pour ce qui était et l’avait soutenu tout au long de sa carrière, l’épaulant à chaque étape,. Mais n’était-ce pas le rôle d’une bonne épouse ? Elle appréciait  les cadeaux luxueux ,au fur et à mesure de l’ascension sociale de John. Mais elle était restée fleur bleue, sensible aux câlins et autres romanticismes . Ah Fanny et ses histoires de blancs ! Bisous par ci ! bisous par là ! Il retint un éclat de rire ,impatient pour une fois,de retrouver les « histoires de blancs » de Mme son épouse. Les deux heures séparant Brazzaville de Libreville lui parurent plus longues que d’habitude. Il échafaudait des plans de retrouvailles romantiques. Cynthia avait contribué à raviver ses sentiments envers sa légitime. Pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare. Vœux pieux! Il était heureux à l’idée de quitter la ville ou il a frôlé le pire . Cette petite sorcière a bien failli m’avoir ! Je serais plus prudent à l’avenir. Il allait retrouver sa vie de mari fidèle, s’évadant de temps en temps avec  des femmes mures et mariées en quête d’aventures sans lendemain. En reprenant sa vie à la période pré-Cynthia, il renouerait avec quelques unes de ces maitresses d’une heure. Des femmes de classe ! Il s’était frotté à la fange, réalisant maintenant q à Libreville Il ne lui serait jamais venu à l’idée d’épouser une pute. Etait-ce la solitude du voyage, le changement de pays qui l’avaient poussé à transgresser certaines règles. La voix annonçant l’atterrissage imminent le rendit tout guilleret ! John Ntsiemi nga  mpugu[viii] est de retour ! Il rentrait chez lui dans son fief ! 

-       Ya quelqu’un ? Papa est de retour. Cria John en entrant dans la maison.

 La voiture de Fanny n’était pas dans le parking mais il ne se posa pas de questions. Fanny est toujours à la maison !

-       Papa Papa Papa , !!! entonnèrent à l’unisson ses 2 anges reconnaissant la

voix de leur paternel. Les enfants surexcités  sautèrent, dans les bras de  leur père.

 -Vous m’avez manqué mes chéris, il cria le prénom de son épouse :Fanny  chérie!Fanny je suis là ! N’ayant aucune réponse, il se tourna vers les enfants :

 -Ou est votre Mère ?

-  Maman n’est pas là papa,elle a dit qu’elle avait un rendez vous ou une réunion, je ne me rappelle plus trop papa! répondit Adama

-Ah ok ! dit John d’un ton sec et nerveux. il se dégagea des étreintes de ses enfants et bouillant de colère alla s’enfermer dans sa chambre.

Il était 16h00 et sa femme n’était pas là, il se saisit violemment de son téléphone , composa furieusement son numéro… Il laissa sonner longtemps ! Pas de réponse ! Messagerie vocale ! Il avait besoin de sa femme , de sa famille, de  retrouver cet équilibre que la cohésion de sa famille lui apportait.  Son come back avait été un flop,.Il avait imaginé tout le monde sur le perron de la porte pour l’accueillir ! Il jeta sur le lit du côté de Fanny, un emballage cadeau contenant le  parfum qu’il lui avait pris au duty free de l’aéroport Léon Mba. Incapable de contenir sa colère, Il lui envoya un sms. Sans réponse ! Il perçu les senteurs de musc et d’ambre qui flottaient dans la chambre. Il reconnut l’odeur des huiles dont Fanny se frictionnait habituellement avant leurs nuits d’amour. Etait-elle dans les bras d’un autre ? A la recherche d’évasion comme les femmes mariées qu’il honorait discrètement dans des chambres hôtels de Libreville ?  Envahi par une fureur  incroyable il la rappela, lui renvoya des sms. Mais toujours rien. A part ce silence. Je suis cocu ! Ou pouvait-elle bien être ? Il fouilla dans son répertoire à la recherche des coordonnées de quelques amies de sa femme. Elle ne fréquentait plus grand monde sans lui. La plupart de leurs amis étaient des couples bien sous tout rapport. Comme eux. Avec des femmes mortes d’ennui. Comme elle. Et cocues. Elle lui avait parlé d’Adeline Martin, dernièrement et elles semblaient s’être beaucoup rapprochées pendant les six derniers mois. L’année de tous les dangers. Et Merde ! je n’ai pas son numéro ! il eut beau parcourir le répertoire de son mobile, mais il ne trouva pas le numéro d’Adeline Martin. Moi John Ntsiemi  je ne sais pas ou est ma femme ! Il fouilla dans sa mallette, à la recherche d’une éventuelle carte de visite. Il abandonna ses recherches. Et même s’il l’avait, il se serait ridiculisé. Toujours rien ! Il avait les nerfs en vrille, prêt à exploser.  Me calmer. Me calmer. Etaient-ils deux tricheurs dans cette maison ? Il devait retrouver son calme.

-Non ! non ! non ! c’est impossible ! Elle m’aime trop ! Il cria seul dans sa chambre. Elle était trop rigide , pétrie des principes désuets inculqués par sa mère . Cette sénégalaise ancrée dans les traditions du passé, qui l’avait forcé lui initié au Njobi[ix] ,à se convertir à l’Islam pour épouser sa fille. Non Fanny n’aurait pas osé. Pour remettre ses idées en place, il alla prendre une douche glacée. Il réalisa que son  dérapage récent le rendait soupçonneux.  Comme tous les voleurs, il voyait  des voleurs partout. Je vois le monde à travers le prisme de l’infidélité , de la fourberie et de la tricheri. Je vois le monde à mon image.. La sonnerie de son teléphone retentit, Enfin ! Mais ce n’était pas elle. Déception. C’était son assistante, agenda vivant – Monsieur Ntsiémi, votre arrivée s’est bien passé ? Rien ne s’était passé comme il l’avait prévu. Non décidément tout allait mal. Sa vie était un fiasco. Il avait besoin de sa femme et elle était injoignable. Non tout allait mal. Il se coucha , les yeux fermés, revivant les moments de sa vie avant Cynthia. Comme il était heureux !

-Thierry pourquoi tu pars ? Fanny lui posa la même question plus d’une fois, sachant que le compte à rebours était en marche. Il reprenait la route demain. De nouveau loin d’elle. Plus de nous pendant quelques temps. Un jour, une semaine ou un mois. Pour elle c’était la même souffrance, le même vide, comme un trou dans son cœur. Ils s’étreignèrent, se caressèrent, se câlinèrent comme deux affamés d’amour. Gourmands , gourmets, ils ne lassaient pas l’un de l’autre , se suçant, se mordant, se pinçant. Passant de l’extase à la béatitude sans transition. Deux artistes qui s’inspiraient, recréant leur jouissance, jouant avec leur sens, les exhibant. Les mains, la langue, les lèvres, les dents, la peau, s’invitaient dans la mêlée dans  la douce intensité de la lumière. Ils se regardaient faire appréciant le spectacle de leurs nudités respectives. Un enchantement pour les yeux. La musique choisie par Thierry acheva de les transporter. Un medley de Lionel Richie, Marvin Gaye et Barry White. Ils étaient unies par les mélodies d’amour. Il n’existait plus qu’eux, dans la suite Makéda  qui abritait leur Univers. Il était Salomon. Elle était Balkis.

En dépit du déchirement du départ, Fanny irradiait la joie de vivre. Ils se quittèrent sur des promesses et elle repartit retrouver sa prison dorée. Rien ni personne ne pouvait l’ébranler. Elle goutait aux délices du bonheur.

John n’arrivait pas à se reposer, le  temps passait et sa femme était portée disparue. Missing. Il s’étendit sur le canapé de leur salon , passant d’une chaine à l’autre :RTG1,RTG2,TV+, politique, politique,  politique, le sport favori des Gabonais, Mamboundou l’éternel opposant,qui raconte sa vie, Divungui le Vice-Président, représentant le Chef de l’Etat à une manifestation. Las des Gabo-niaiseries, Il mit le câble : Musique, musique, séries insipides ; il essaya de se concentrer sur la rediffusion d’un match de ligue A ; Mais il avait un mal fou à suivre la trajectoire du ballon, son esprit torturée par le black out de sa moitié. Mais ou pouvait- elle bien être ? Pendant que son esprit s’encombrait de drôles de pensées, il entendit le bruit d’un véhicule dans le Parking. Fanny ! Il éteignit précipitamment la télé et fit semblant de somnoler.

Elle avait la tête pleine de Thierry, les sens encore sens dessus-dessous, quand elle entra dans le salon et vit John allongé endormi. Elle paniqua quelques secondes, choquée de trouver son mari à la maison, elle ne l’attendait pas avant le lendemain. Sans faire de bruit, comme un cambrioleur, elle marcha silencieusement vers sa chambre, ouvrit son sac et vit son téléphone qu’elle y avait oublié depuis des heures en mode silencieux. Woyi sama Ndèye[x] ! John lui avait envoyé plusieurs messages textes et vocaux, et il avait appelé toute l’après midi. Décidée à ce que personne ne viennent troubler son bien-être, et certainement pas son mari volage, elle resta calme. Elle ignora le cadeau posé sur le lit, de son côté. Ce qu’elle voulait, c’était ouvrir l’enveloppe scellée que Thierry  lui avait tendu discrètement en partant : « occupes-toi bien des  enfants ». Son cœur se serra quand elle pensa qu’elle n’avait pas pu lui parler de leur enfant. Tu aurais été un père merveilleux Thierry. Elle  alla ouvrir dans les toilettes et compta 8000 euros et un petit mot tendre « Tu es ma vie » , il avait signé T. Pendant qu’elle cachait l’argent dans son dressing, elle entendit son mari entrer dans la chambre. Elle remit son masque d’épouse bien sous tout rapport prête à affronter son tricheur de mari. A nous deux John !

 

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

 


[i] Laurent Perrier le Champagne des stars

[ii] Cynthia la Belle femme

[iii] La Chanson « Liputa » de Fally Pupa Di Caprio dédié à toi seule

[iv] Manioc fermenté

[v] Des feuilles sauvages préparées en légumes généralement considéré comme le légume des pauvres

[vi] Ouest Africains de Poto-Poto quartier de Brazzaville

[vii] Européen 

[viii] Le propriétaire du village en Batéké

[ix] Initiation secrète des hommes batékés

[x] Oh ma mère ! expression de panique wolof

Evasion Virtuelle 19-Comme un grain de folie

Posted by: naboulove on: October 30, 2009

Evasion1919-Comme un grain de Folie

Ce furent des après midi d’adultères au gout de miel qui se succédèrent. Les quelques jours  passés à s’aimer, à réinventer le quotidien avaient un parfum d’éternité pour les deux naufragés. Ils s’accrochaient l’un à l’autre comme à des  bouées de sauvetage. Fanny entrait et sortait de chez elle comme une adolescente en  crise. Incapable de rester en place. Pétillante et sucrée comme un fanta Orange. Elle voyait la vie en Orange, Effervescence  couleur vitamine C, couleur énergie, couleur de son bonheur.  Dans sa chambre, elle ne faisait que se changer, se parfumer, s’embellir et affuter ses armes de séduction. Et le soir, elle s’y endormait épuisée et heureuse. Ces enfants la rattrapèrent pour l’embrasser dans son salon cossu et parfait. – Maman ! tu nous emmènes manger une glace cet après midi ? demanda Adama lui lançant un regard de chien battu et sa sœur Coumba de renchérir avec sa petite voix:– Oui s’il te plait Maman, dis oui. Un pincement au cœur elle les prit dans ses bras et les couvrant de bisous, elle leur répondit affectueusement : – Maman a un rendez-vous important mais je vous promets de vous  emmener chez Pelisson demain après-midi, mais seulement  si vous êtes sage. Les enfants déçus se retranchèrent dans leurs quartiers et laissèrent leur mère à sa conscience de femme pécheresse. Elle contempla son reflet dans le miroir, gênée, presque dégoutée par les éclats de joie qui pétillaient dans ses yeux. Bonheur coupable. Mais Bonheur quand même. Sa vie allégée par le poids de l’amour,  alourdie par le poids du péché, ses douleurs anesthésiées par sa joie de vivre retrouvée. Elle renaissait. Re- Naissance. Elle vivait, respirait, pensait, rêvait Thierry.  Ils passèrent des moments de rêves isolés sur leur ilot d’amour ou la Vie, celle qui fait mal  n’était pas bienvenue ; L état de grâce du nouvel Amour. La trêve des premiers jours ou  le réel se soustrait de lui-même dans une lâche abstraction. Thierry assistait aux réunions la tête perdue entre les seins de  Fanny, l’esprit englouti dans la chaleur  de sa féminité, incapable de rester longtemps concentré… Et elle, dans sa maison parfaite, elle étouffait, se sentait opprimée et  enfermée. Les  appels téléphoniques de John s’imposaient agitateurs, troublant la quiétude de son rêve. Sa voix d’homme amoureux  la mettait mal à l’aise la replongeant dans le réel, le quotidien. Elle chérissait tant cette chambre luxueuse du Maisha, qui l’espace de quelques jours était devenue leur « chez eux », un cocon douillet ou ils échangeaient peu de mots, enlisés dans la sensualité de leur nudité. Ah si les murs pouvaient parler ! Chaque élément de décoration :objet, masque, toile, étoffe, de même que l’agressivité chaleureuse des couleurs, tout dans cet espace qu’ils avaient fait leur, lui rappelait ce en quoi elle croyait J’ai sacrifié tout ça pour toi John. Doublement Infidèle. A elle-même et à son mari. Toutes ces années d’études d’Histoire de l’art Africain à l’Université Cheikh Anta Diop, pour terminer historienne de son quotidien. Même mes Grands-mères vendaient du lait caillé ! – Fanny tu dois travailler. Quel gâchis ! Si ton  père te voyait ! La fille de Samba Kane !une femme entretenue !. Yaye Fatou gardienne des valeurs ancestrales  du Jom, de la Soutoura  du Kersa,et du Masla! Sa mère prônait la dignité, la réserve, la pudeur et le compromis si chers à l’éducation sénégalaise. Leur enfance dans ce Gabon, pays dont les coutumes étaient aux antipodes des siennes, avait crée en Yaye Fatou une obsession destructrice. Elle radotait sans arrêt de peur que ses enfants ne s’éloignent du chemin de leurs ancêtres. Qu’ils soient devenus des adultes , n’y changeait rien. Ses refrains serinés apparaissaient à sa fille comme des critiques sur sa façon de vivre. Des pics  qui intensifiaient  les plaies béantes de  son mal être.  –John ne peut pas t’interdire de travailler. – Fais du commerce Fanny. Avec les hommes on ne sait jamais. La voix de la sagesse. – Et s’il arrivait quelque chose à John ? Elle savait que sa mère avait raison. Cette fois-ci. A chacune de leurs conversations téléphoniques, elle vivait une vraie torture.

Elle gardait en elle le souvenir  des villages arpentés, des musées visités, des dizaines d’ouvrages lus sur le patrimoine de l’Afrique subsaharienne. Elle était  passionnée par les statuaires sacrés, les rituels invitant les masques et les initiations de tout acabit ;le Bwiti, le Njobi, l’Iboga. Autant de mystères qu’elle cherchait à percer. Quand ses amies rêvaient d’Amérique, elle trouvait son Amérique dans les statues Bakotas ou les masques Bapunu. Elle avait nourri cette passion lorsqu’ enfant, en rentrant du Cap Esterias, le dimanche, les processions des femmes du Djembé, enveloppées dans leurs  pagnes blanc, le corps badigeonné de kaolin défilaient sur la route. C’était une Fanny intriguée qui les fixait fascinée par l’ordre et la blancheur. Sa mère toujours prête à critiquer les «  Kafir », infidèles Gabonais trouvait farfelue la fascination  qu’exerçait les masques , les danses et autres affaires de « gnacks », ou gens de la forêts, appellation péjorative de tout ce qui n’était pas sahélien,  sur sa fille. Pour elle tout ceci étant aux antipodes de l’Islam. – Fanny Kane tu vas me rendre folle avec tes livres « Chaytanique », et tes masques diaboliques. Mais elle avait tenu tête à sa mère. Et elle avait cédé à son mari. Le paradoxe des membres de sa famille, sa mère en tête, toujours à l’affût du dernier  marabout le plus fort, la faisait sourire. Le mystère de l’Islam Noir, influencé par les us et coutumes nègres, mais toujours près à en découdre avec l’animisme d’où il puise pourtant ses fondements.  Son vagabondage mental l’occupait en attendant l’arrivée de son Thierry. Il est presque midi, mais que fabriques-t-il ? Néanmoins elle résista à l’envie de lui envoyer un sms. Patience !

Depuis leur première soirée amoureuse, Il s’empêtrait dans un cercle vicieux inextricable. La peur d’admettre son attachement à elle ,le précipitai entre les jambes d’une autre. Fuir l’amour avec le sexe. Toujours et encore , le sexe pour  oublier, se perdre. Oublier que je t’aime Fanny. Annihiler ma peur. Seule voie de salut possible pour Thierry. En attendant. Ses retrouvailles nocturnes avec la petite Léa, belle fleur Gaboma, faisait l’affaire et ils se retrouvaient toutes les nuits dans son appartement ou au casting, dès qu’il quittait sa Fanny. L’angoisse de se retrouver seul avec face à ses sentiments l’effrayait plus que le remord qui le rongeait .Et  si Fanny avait vent de son aventure ? Léa travaillait dans une de ces boites de téléphonie mobile qui avaient le vent en poupe au Gabon. Zain ,Moov, Libertis? Il ne savait plus trop laquelle. Mais ce qui l’agaçait , c’était ses appels téléphoniques , ainsi que ses messages constants tout au long de la journée, à la limite du harcèlement. Pourquoi est-ce que les femmes voyaient un candidat au mariage  dans chaque homme qui les baisait ? Comme si la nudité créait un lien inaltérable. En dehors de cela, elle n’était pas trop encombrante. Dans son lit , dc rassurée. Fanny le jour et le soir. Léa la nuit. Il souffrait à l’idée de devoir quitter le confort et le moelleux du corps de Fanny dans quelques jours. Par chance sa mission était allée au-delà des 48heures initialement prévues. Prolongation de ses tortures. Il savait qu’ils se dirigeaient vers une impasse. J’arrête de réfléchir. La réunion au ministère des hydrocarbures avait commencé à l’heure Africaine. Il ne pu s’empêcher d’envoyer un sms à son alter ego qu’il imaginait allongée nue sur le couvre-lit en kita noir et blanc son corps ébène brillant, exhalant des senteurs érotiques attendant ses caresses. J’aurais un peu de retard ,j’ai très très envie de toi.

 – Qu’en pensez-vous Monsieur Ndong Nzé ?  Serez-vous en mesure de démarrer l’exploitation pétrolière au Lac Ezanga d’ici 6 mois ? Heureusement qu’il connaissait bien le dossier du Moyen Ogoué ; il avait en tête tous les chiffres se rapportant au gisement d’Omko qu’ils exploitaient actuellement et il répondit de manière concise connaissant les préoccupations de ses interlocuteurs : – Nous serons en mesure d’extraire 15000 Barils/jour la première année , mais nous pourrons rapidement monter à 22000 Barils/jours avec OMKO. Le sourire du Directeur des Etudes le conforta mais le temps passait. L’information la plus importante ayant été donnée, ils se séparèrent non sans se donner rendez-vous pour le lendemain. Encore des prolongations. La Présidence avait exigé que de nouveaux acteurs soient parties prenantes dans l’exploitation pétrolière afin de fragiliser les situations de quasi monopole de Total (ex-Elf) et de Shell.  Les grèves récentes qui avaient sévit chez Shell Gabon en Mars 2008 avaient mis en lumières les pratiques discriminatoires des grands groupes pétroliers à l’égard des nationaux .Golf Oil avec son Directeur Afrique de nationalité Gabonaise représentait une véritable aubaine pour le pouvoir. Thierry avait vu  l’opportunité et s’est engouffré dans la brèche,devenant la coqueluche de la Présidence. Que de chemin parcouru depuis Le Lycée Mba ! Mais là maintenant tout ce qu’il voulait, c’est emprunter  la route du Maisha et  se retrouver ave Fanny, nue contre lui, profondément en elle.

La zone d’ombre au tableau .Son avortement. Elle reformulait dans sa tête les phrases et expressions adéquates pour lui raconter comment elle a du tuer leur enfant. Elle ne le sentait pas, mais elle savait que le temps risquait d’amplifier le problème. Trop d’angoisses à gérer. Fanny était perdu. S’il était arrivé à temps, elle n’aurait pas eu le loisir de penser. Partir ? Tout laisser pour être avec Thierry ? Poussée par une irrésistible envie de changement. Mes enfants. Elle savait que John ferait de sa vie un enfer si elle le quittait. Il avait l’arrogance des hommes sûrs des  sentiments de leur femme. Son leitmotiv favoris étant : « Ma femme m’adore, elle ferait n’importe quoi pour moi » .Ce fut vrai . A une époque. Avant. Elle était passée de l’adoration à l’abhorration. Maintenant. Tout avait changé depuis qu’il lui avait préféré une pute. C’était à son tour de lui faire payer sa légèreté. Score un à un  ex aequo. A cocu, cocu et demi. Le cliquetis de la serrure interrompit le cours de ses pensées. Thierry, il faut que je lui parle.

-       Ma chérie quel bonheur de te retrouver ! il n’est que 13 heures et je suis déjà stressé. Ah ces réunions !! Les fonctionnaires Gabonais ont vraiment  la réunionite !

Ce n’était pas le moment de lui parler Fanny, il est stressé, il a besoin de réconfort.de soutien. Pas d’un autre stress.

-Bonjour mon amour, tu me rejoins ? Elle était allongé comme dans sa vision : nue sur le couvre-lit. Impudique, comme on l’est dans un vieux couple. Faire l’amour plus d’une fois donnait de l’âge au couple. Elle l’invita à s’asseoir et l’aida à défaire ses chaussures, sa cravate, sa chemise, son pantalon…Il la laissa faire, docile. Pressé de la serrer contre lui.

John trouvait sa femme étrange, différente, Alien dans leur vie comme  débarquée d’une autre planète. Il ne comprenait plus rien. Fanny avait changé mais il n’arrivait pas à pointer le doigt sur le hic. Etait-ce une réaction à la souffrance que son incartade Brazzavilloise  avait occasionnée. Il n’avait pas était un très bon mari dernièrement. Mais elle était sa femme, et devait savoir que le mariage exigeait beaucoup de patience. Surtout des femmes. Maman était une vraie sainte, une femme exemplaire. Il attendait autant d’abnégation et de compassion de la part de  son épouse. Il est vrai qu’elle avait fait preuve de patience jusque là, supportant ses sautes d’humeur et ses silences prolongés lors de ses absences. Elle accomplissait consciencieusement son devoir d’épouse, l’appelant lors de ses déplacements, lui préparant ses repas, l’accompagnant dans ses réceptions ennuyantes et acceptant même qu’il lui fasse l’amour à la va vite. En toutes circonstances, elle le bombardait de  gentils messages d’amour. Je pense à toi mon John. Que Dieu te protège et te bénisse.etc.Telle son ange gardien, elle le couvait de ses attentions, étant omniprésente, même de loin. Mais il percevait un changement. Ou étais-ce lui qui se réveillait de son envoutement Zairois ? Réalisant enfin à quel point il avait du la blesser. Il mit son altération de jugement sur le compte des récentes émotions qu’il venait de vivre. Ah les femmes ! Des sacs à problèmes ! Il n’enviait pas les polygames !!! Et dire qu’il l’avait échappé belle ! Certainement que les fous qui marchaient sans but dans les rues d’Afrique, étaient des hommes bien qui avait succombé à la folie des femmes. A en perdre la tête. Des créatures Incompréhensibles, insaisissables, illogiques. Il soupira, décidant  de rentrer un jour plus tôt pour faire une bonne surprise à Fanny. D’abord il devait s’assurer que sa pute s’était débarrassée du bâtard qu’elle voulait lui coller.

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

Evasin Vituelle 18-Qui sème le vent récolte la tempête.

Posted by: naboulove on: October 28, 2009

18-Qui sème le vent récolte la tempête.

 Mais Fanny ! Réponds au téléphone ! Il s’adressait ainsi au  répondeur téléphonique qui se déclenchait à chacun de ses appels. La journée avait été éprouvante aussi bien sur le plan professionnel, que sur le plan personnel. La banque Centrale avait rejeté certaines de leur demandes et la petite peste de Cynthia lui menait la vie dure. Et maintenant, cela faisait bien 2 bonnes heures qu’il essayait de joindre son épouse sans succès. Quelle poisse ! Il lui envoya un texto, sachant qu’elle avait l’habitude de laisser trainer son appareil n’importe où. C’est vrai que je ne l’appelais plus beaucoup ces derniers temps. Il venait de réaliser le mur de silence et d’indifférence qu’il avait dressé entre eux deux depuis qu’il s’était entiché de Cynthia. Elle ne méritait pas ça. Je vais me racheter. Il savait que sa femme était folle de lui et qu’elle avait du beaucoup souffrir de son comportement. John était resté centré sur la satisfaction de ses désirs pendant toute cette période. Il avait confondu convoitise, lubricité et désir sexuel avec Amour passion. Erreur de jugement fatale !

-Mais vraiment Cynthia tu déconnes !! Maintenant il faut que tu le bouffes bien !!  Faut pas avoir pitié. Et puis faut vite avorter vite,lelo kaka kozela te,aujourrd’hui seulement, n’attends pas,  tu as déjà une famille à nourrir à Kin. Elle s’attendait bien à toutes ces remontrances de la part de Gina. Après tout, c’est elle qui l’avait sortie   de la galère dans laquelle elle et sa famille s’enfonçait , dans le quartier de  Ngiri-Ngiri à Kinshasa. Une galère pour une autre. Son père avait été un enseignant respectable et respecté au temps du Grand Zaïre de  Mobutu, mais l’entrée des Rebelles de  Laurent Désiré Kabila à Kinshasa,  à son adolescence avait fait basculer leur quotidien paisible en une course effrénée contre la faim. Poussée par Ya Gina, elle s’est exilée à Brazzaville à la fin de la guerre. La ville détruite, hantée par ses fantômes, assaillie par ses réfugiés attirait investisseurs et autres aventuriers des temps post conflits en quête de contrats juteux. Et de fille facile. La « grande sœur  » Gina lui avait servi de guide et de mère maquerelle, dans ce monde cruel de vendeuses de plaisir. La concurrence s’avérait plus sévère qu’elle ne l’eut cru :les orphelines de guerre, les veuves de miliciens exsangues, les réfugiées du génoc ides rwandais et les  ex-zairoises devenues congolaises démocratiques. Elles avaient toute un bout de chair à échanger contre quelques cfa qui leur permettraient de braver la faim. Elle lui avait donné les 5 commandements de la bonne Ndumba, le manuel de la pute qui dure dans le business: 1) Pas de relations sans capote 2) pas de baiser sur la bouche. 3) On vend le corps pas le cœur  .4) Les autres filles ne sont pas des amies, toutes des concurrentes. 5) Pas de faveur aux habitués. D’ailleurs il n’y pas d’habitués. La « Grande Sœur »  se rémunérait en prélevant 50% de ses gains, afin de couvrir loyer et vêtements. Le reste était envoyé à sa famille, ne gardant qu’un maigre montant pour elle-même afin de survivre. La loi du marché était rude mais le Ram Dam la boite du méridien était un terrain de chasse fertile. Elle put  rapidement rembourser sa maquerelle et se mettre à son propre compte. Cette dernière  étant sa confidente et sa seule famille à Brazza, elle ne pouvait s’affranchir de sa protection officieuse sans courir le risque d’être agressée par les autres filles. Ses parents qu’elle gratifiait d’une visite  mensuelle,  la croyait domestique dans une famille aisée. Cynthia  se cachait derrière ce mensonge. – Ah Mwana nangayi, Nzambé apambola Yo ! Ma fille que Dieu te bénisse !  A chacune de ses visites sa mère organisait des séances de prières protectrices visant à la protéger de tout mal. – C’est grâce à toi que nous avons retrouvés notre dignité , lui serinait son père avec reconnaissance. Ah si seulement bino boyébaki ? Si seulement ils savaient ? Son père avait pourtant été enseignant pendant l’âge d’or du grand Zaïre, mais du fait de leur extrême pauvreté, elle n’avait pu poursuivre sa scolarité. Après tout le français ne m’aurait servi à rien à Brazzaville. Elle courrait les ngangas et les vieilles initiées à la recherche des secrets de ces femmes qui rendent les hommes fous d’elles. Elle avait utilisé les poudres de l’équateur, mâché les herbes du Kasayi, mis des suppositoires au gingembres, fait des scarifications censés assouplir ses reins.   Et pourtant John l’avait trahie ! Aucune magie ne la débarrasserait de l’étiquette de KiNdumba ! Pute une fois ! Pute toujours !

Les quelques millions de francs cta que John avait du donner à Cynthia pour qu’elle accepte enfin d’avorter avant le dépassement de l’échéance de 12 semaines, n’avait pas suffit à calmer la jeune femme. Grisée par le nouveau pouvoir qu’elle avait sur  lui, elle rêvait des 3 V villa, voiture et voyage. -John si tu ne me donnes pas ce que je veux, je vais aller faire un scandale à ton bureau ! Espèce de violeur !

La vulgarité de Cynthia , son français truffé de fautes d’orthographe et de syntaxe, sa voix nasillarde ne lui semblèrent plus aussi charmant et exotique. –Cynthia calmes toi et arrêtes donc  de m’insulter en lingala , tu auras ce que tu veux , quand j’aurais ce je veux. Le ton sec et froid de John donna des frissons à la jeune femme. Un éclair de dureté brillait dans son regard. Il était surtout fâché contre lui-même, .Comment ai-je pu me mettre dans un tel pétrin à quarante ans ? Et si elle lui avait transmis le VIH ? il prit conscience de son inconscience  et de la légèreté de ses actes. Il eut une pensée cynique pour la citation d’un des administrateurs Ivoiriens du bureau d’Abidjan « Pine pense pas ». Il en était l’exemple vivant. Submergé par la honte qui s’ajoutait au remords mêlé à la peur, il essaya d’amadouer son amante. Il la détaillait du regard se demandant bien ce qui avait pu l’attirer chez cette fillette au teint papaye décoloré et à la tignasse  blonde en plastique. Il lui tardait d’émerger de ce mauvais cauchemar et s’empressa d’appeler son chauffeur pour qu’il  raccompagne la pute qui  avait failli devenir la coépouse de Fanny. Il avait échappé de justesse au mariage  coutumier avec cette folle. Ah les fétiches des zaïroises ! Son père qui avait grandi à Brazzaville avant l’indépendance, quand le Haut-Ogoué était Congolais, en parlait souvent. John avait cru que c’était une façon pour Papa union gabonaise d’excuser ses innombrables conquêtes de jeunesse. Certaines ayant connues des prolongations jusque dans la vieillesse. Et dire que moi John j’ai failli devenir Papa Union Africaine ! Soulagé par son arrangement avec la belle, il lui imposa un ultimatum de 48 heures. – Cynthia , si tu veux l’argent, tu n’as qu’à le faire avant mon départ. Triomphante, elle quitta la suite de l’hôtel Olympique qu’occupais Mr le PDG.

Fanny avait la tête au septième ciel, elle flottait dans un espace intemporelle et seules les nuits solitaires passées dans sa chambre conjugale, lui rappelait l’insolite de la situation. Elle remercia John de l’avoir empêché de travailler toutes ses années, ce qui lui permettait d’être disponible pour son Thierry. Jour et Soirée. Les nuits d’une femme mariée appartiennent à son domicile conjugal. Une petite fenêtre de bonheur, une évasion du train- train quotidien.  Son mari avait démarré ce processus, il avait tout gâté avec son comportement froid, distant, presque méchant à son égard pendant toute l’année écoulée. Il était certainement très amoureux de sa pétasse. Et pourtant ils s’étaient aimés. Le couple exemplaire de Libreville. A l’abri des scandales et des enfants illégitimes. Elle garder son secret, être prudente, car elle savait que ce n’était pas drôle d’alimenter les congossas du Gabon. Elle subissait les assauts de curiosité d’Adé mais son intuition la mettait en garde. Tout secret partagé n’est plus un secret. Les bonnes vieilles rengaines  de Yaye Fatou ressurgissaient toujours au bon moment. Le poids de l’éducation sénégalaise. Plus rigide au Gabon qu’à Dakar. Elle ne cèderait pas à aux  élans de bavardage des amoureuses.  Elle avait envie de le crier au monde entier. Amours illégitimes. Amours honteuses. Mais son adultère lui appartenait à elle. Elle lui parlerait quand elle se sentira prête à partager. Partager son pêché. Trop de questions sans réponses. Comment est la femme de Thierry. S’il l’aimait ? Ou était-il un couple à la Mr et Mme Ntsièmi ? : Avec un début heureux et une suite avec un arrière gout d’amertume ? Chassant ces idées de son esprit, elle essaya de recentrer ses pensées sur les baisers langoureux et les caresses torrides de son amant.  Ce matin, elle s’était réveillé heureuse comme Fanny adolescente. Elle revivait toutes les sensations de ses 16ans. Plus intenses, plus fortes, plus adultes.  Drôle de vie ! La sonnerie du téléphone lu remit les pieds dans le réel. –Allo ma chérie , comment vas-tu ? La voix d’un John pseudo amoureux l’exaspérait. – Bonjour John . répondit-elle sans émotion, mécaniquement telle une récitation.

-Tu es injoignable Fanny, tout va bien ? je me suis inquiété toute la nuit.  Elle sourit , quel fiéffé menteur ! Elle continua néanmoins toujours aussi calme :

- tout va bien merci John.Tu rentres quand ? Elle marqua un temps d’arrêt, retenant sa respiration.

- Je ne sais pas  ma chérie. Les réunions sont interminables. Elle souffla discrètement, soulagée par la réponse de son mari. Ouf ! elle  jubilait intérieurement , encore un sursis.

- D’accord ! bon courage John. Elle n’arrivait plus à l’appeler Chéri. Le mot chéri  aurait sonné  faux dans sa bouche.

Elle se prépara à aller tromper son homme .Fanny mit ses scrupules  en veilleuse. Il était aussi avec sa maitresse. Œil pour œil. Dent pour dent.

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

Egyptian lawmakers want to ban fake hymen by John Freeman AP

Posted by: naboulove on: October 24, 2009

Egyptian lawmakers want to ban fake hymen

By JOSEPH FREEMAN, Associated Press Writer Joseph Freeman, Associated Press Writer – Mon Oct 5, 12:05 pm ET

CAIRO – Conservative Egyptian lawmakers have called for a ban on imports of a Chinese-made kit meant to help women fake their virginity and one scholar has even called for the “exile” of anyone who imports or uses it.

The Artificial Virginity Hymen kit, distributed by the Chinese company Gigimo, costs about $30. It is intended to help newly married women fool their husbands into believing they are virgins — culturally important in a conservative Middle East where sex before marriage is considered by many to be illicit. The product leaks a blood-like substance when inserted and broken.

Gigimo advertises shipping to every Arab country. But the company did not answer e-mails and phone calls seeking comment on whether it had orders from Egypt or other parts of the Middle East.

The fracas started when a reporter from Radio Netherlands broadcast an Arabic translation of the Chinese advertisement of the product. That set off fears of conservative parliament members that Egyptian women might start ordering the kits.

Sheik Sayed Askar, a member of Egypt’s Muslim Brotherhood who is on the parliamentary committee on religious affairs, said the kit will make it easier for Egyptian women to give in to temptation. He demanded the government take responsibility for fighting the product to uphold Egyptian and Arab values.

“It will be a mark of shame on the ruling party if it allowed this product to enter the market,” he said in a notice posted on the Brotherhood’s parliament Web site on Sept. 15.

The Muslim Brotherhood, Egypt’s largest political opposition group, holds 88 of Egypt’s 454 parliament seats.

Prominent Egyptian religious scholar Abdel Moati Bayoumi said anyone who imports the artificial hymen should be punished.

“This product encourages illicit sexual relations. Islamic culture forbids these relations except within the confines of marriage,” Bayoumi said. “I think this should absolutely not be allowed to be exported because it brings more harm than benefits. Whoever does it (imports it) should be punished.”

In a country and a region where pre-marital sex is so taboo it can even lead to a woman’s murder, the debate over the virginity-faking kit has revived Egypt’s constant struggle to reconcile modern mores with more traditional beliefs — namely, that a woman is not a virgin unless she bleeds after the first time.

“Bleeding is not the only signal that yes, she’s a virgin,” said Heba Kotb, an observant Muslim woman who hosts a sex talk show on TV in which she fields calls from all over the Middle East.

Kotb noted that a medical procedure that reattaches a broken hymen by stitching is illegal in Egypt and can cost hundreds of dollars — prohibitively expensive for the poor. But many women still secretly seek it out in fear of punishment for pre-marital sex.

Such punishment could include slayings at the hands of relatives, a practice more commonly referred to as honor killings and common in the more conservative tribal areas of the Middle East.

The product is also causing a buzz on Egyptian blogs and news sites.

“If this thing enters Egypt, the country is going to go to waste. God protect us,” commented a reader on the Web site of Egyptian newspaper Al-Youm Al-Sabie.

Marwa Rakha, an author and blogger who writes about dating issues, sees the product as a tool of empowerment for women in a macho Arab culture that restricts women’s sexual urges but turns a blind eye to men gallivanting.

“It sticks it in the face of every male hypocrite,” she said.

Evasion Virtuelle 17-Seuls au monde.

Posted by: naboulove on: October 23, 2009

Evasion17

17-Seuls au monde.

Il avait choisi la Résidence Maisha pour son ambiance discrète, romantique et luxueuse. Luxe, Calme et Volupté. Serais-je en train de retrouver mon âme de  poète ? Il avait cessé  d’écrire quand ses cahiers noircis de proses et de rimes adressés à Fanny était restés sans réponse. .Le grand Thierry Ndong Nze bourreau des cœurs, serait il en train de retrouver son cœur d’adolescent ? Il en voulait à la mère de Fanny de l’avoir effacé de la vie de sa fille, sans donner une seule chance à leur histoire. Elle ne nous a même pas donné le luxe de rompre .Mais ironie du sort,  c’était aussi grâce à elle que leur relation avait eu cette deuxième chance. Le cadre reposant du Maisha se prêtait si bien à leur deuxième chance. Il voulait ce qu’il y a de mieux pour elle, et cet hôtel, son préféré au Gabon, répondait aux standards d’un 4*L international. Il appréciait surtout sa situation excentrée du centre ville. Loin des curieux ,des congossas et autres commérages du « Pays d’Omar ». Il aimait à y organiser certaines de ses réunions professionnelles. Même si la ville étendait ses tentacules  vers Okala, les « mas tu vu » et autres commères de Libreville campaient en permanence au  Méridien Re-Ndama de Glass. C’était un terrain miné ou Il pouvait se retrouver nez à nez avec n’importe laquelle de ses conquêtes. Ces dernières étaient reçues dans son lit et il ne les installait provisoirement dans une suite à l’Atlantique, au Mont de Crystal ou au Re-Ndama que s’il avait un petit béguin. Néanmoins, Il ne s’amourachait jamais plus d’une semaine. Mais jamais il n’en avait amené une seule au Maisha. Mais sa Fanny… Il était hors de question d’aimer sa Fanny dans le lit souillé de sa garçonnière. Son lit des mille et une fesses. Sa Fanny, elle était l’exception qui confirme la règle : la femme qui  lui avait offert sa virginité par amour. Ce souvenir émouvant fit remonter à la surface toutes les douleurs associées. L’humiliation du silence, les frustrations. Mais aujourd’hui marque un nouveau jour , un nouveau départ. Pour plaire à son aimée, passionnée « d’africâneries », c’est ainsi qu’il se moquait de sa passion, alors qu’ils étaient deux adolescents insouciants et confiants en l’avenir.

Il avait pris ses quartiers dans la suite Makeda décorée à l’ africaine. Attendant sa Reine de Saba à lui, il jeta un coup d’œil satisfait au lit King Size décoré avec une jetée de lit en Kita Akan noir et blanc. Pour ajouter au graphisme de la décoration de multiples coussins en soie sauvage et kuba, soie sauvage et bogolan, soie sauvage et toile de Khorogo étaient jetés pêle-mêle dans un savant désordre. L’ effet  était soutenu par des tableaux en toiles dans ces divers textiles élégamment disposé aux murs de la chambre. Le salon était plus coloré, les fauteuils et les canapés étant recouverts de toile écru unie, clairsemés de coussinets en tissus Kita Akan muticolorres et en faso dan fani tissé du burkina Faso de teintes unis jaune, rouge et vert. L’explosion de couleur dans le salon annonçait  le feu d’artifice entre eux. Sur les murs du salon quelques toiles d’artistes Gabonais dont il reconnaissait la patte s’exposaient insolemment. Tuer le temps . Excité comme un lion en cage,Il entra dans la chambre, ses pieds nus s’enfonçant agréablement dans d’épais tapis en laine couleur ocre, beige et rouge certainement tissés à Njamena ou Niamey par des tribus nomades. Pour éviter de regarder l’heure ,Il enleva sa montre et la posa sur l’une des tables de chevet en bois d’Okoumé poli desquelles des lampes taillées dans la pierre de Mbigou diffusaient une lumière tamisée. Sans montre le temps est mort. L’atmosphère de la pièce invitait à la fusion des corps. Assis  sur le siège  Ashanti élégamment disposé au pied du lit,Il alluma la télé, passant ses nerfs sur la télécommande. « On ira , ou tu voudras quand tu voudras et l’on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort »,il avait arrêté de zapper quand il aperçut un Joe Dassin, à l’air nostalgique semblable à celui des disques vinyles de  son enfance. Ah les chansons de maman ! Au lieu de calmer son impatience, la chanson d’amour intemporelle raviva la réalité de ses amours impossibles. Fanny et moi. Fanny et son mari. Moi et ma femme. J’aimerais être comme le Joe Dassin du clip, hors du temps et de l’espace, éternellement amoureux. Encore une envolée lyrique. Décidément , il perdait sa carapace de séducteur qui ne « tombejamaisamoureux ». L’amour et ses mystères. Pendant qu’il slamait intérieurement, il sourit, au Fauteuil Royal servant de siège à la table de bureau attenante.Fatigué d’attendre, submergé par ses émotions, il alla prendre une douche express,s’aspergea d’eau sauvage  et s’enveloppa dans un des 2 peignoirs en coton imprimé d’inspiration Kuba. Sortant de la salle de bain, nu sous sa douche, il eut à subir la torture de la télé. « Oh baby let’s make love tonight,  Nu sous son peignoir, excité par la musique suggestive,il sentait son membre se dresser. Essayant de n’y prêter aucune attention, il continua à disséquer son environnement d’un œil  averti, satisfait de l’agencement et du confort essayant surtout de chasser son anxiété. Soudain, rompant la solitude de l’attente, il sursauta , distrait par un bruit de porte : toc-toc-toc. –C’est moi !  Il ouvrit avec précipitation, en reconnaissant sa voix. Il était subjugué par sa beauté et la fraicheur qu’elle dégageait.

Les amants ne s’encombrèrent point de mots. Toute parole était superflue. Leur silence était pesant de désir. Ils parlèrent le langage universel comptaient les baisers et les étreintes . Dès qu’il s’été installé dans la suite , il lui avait en avait transmis le numéro par sms. Et des dizaines de minutes plus tard, ils étaient là tous les deux , prêts à s’aimer. Il la déshabilla lentement essayant de réfréner le désir qui  montait de plus en plus en lui. La nudité de Fanny sous le pagne sexy qu’elle arborait  lui simplifiait la tâche.Des effluves de cannelle, d’ambre, de patchouli et de musc émanaient de sa peau velouté et légèrement huileuse. Elle se laissa  délicatement renverser dans le lit. Mutine, coquine et câline, elle se laissait faire. Ses peurs  s’étaient volatilisées. Elle n’était plus qu’une femme affamée de désir. Toutes ses terminaisons nerveuses  étaient  réceptives aux caresses expertes de son amant. Il ne se lassait pas d’admirer le corps de femme de Fanny. Ses petits seins d’adolescente s’étaient mus en deux fruits mûrs et juteux ne demandant à être goutés. Sa croupe  ferme et rebondie, invitait à l’amour. Et ces perles qui ceignaient  ses reins soulignaient la poésie et  la sensualité du tableau qui s’offrait à ses yeux. Il parcouru  son corps du regard. Ce faisant, il approcha ses lèvres contre les siennes. Sa langue se fraya un chemin et lui donna un baiser langoureux : il alternait mordillements et coups de langue. Elle répondit avec fougue à ses baisers, sentant son membre se durcir contre elle. Les mains de Fanny erraient librement, caressant la tête, le cou, le dos et les fesses fermes et musclées de son partenaire. Il continua ses embrassades, impatient d’aller gouter aux fruits juteux dont les tétons l’effleuraient insolemment. Il se sentait gonflé de  désir et prêt à exploser, mais il  continua à savourer tel un gourmet, le corps de son aimante .Sa langue se promenait baladeuse d’un téton à l’autre, suçant, léchant, mordillant inlassablement. Sa main caressa le triangle soyeux et régulier sur le mont de vénus bombé, ses doigts titillant et malaxant le bouton turgescent de son aimée. Pendant que sa  partenaire se cambrait de plaisir, il continua son exploration. Il écarta délicatement les jambes de Fanny, avant d’y  plonger sa tête, son nez et sa langue. Pendant qu’il  l’aspirait, la léchouillait, la humait, la goutait dans d’enivrantes caresses, elle se mit à jouir. Ses halètements étaient entrecoupés par des gémissements de plaisir. N’y tenant plus, elle le supplia:« Prends-moi, mon amour ! » .C’est ainsi que cédant à l’appel de Fanny, il la transperça de son sabre phallique, d’un coup sec mais tendre. Elle émit un cri. Ses hanches pleines et rondes tournoyaient. Et  son corps ondulant, elle râla de bonheur. Ils avaient effacé le temps et l’espace. Ils n’étaient plus que deux corps qui communiquaient, seuls au monde, à travers des gestes, des caresses, des émotions. Les mains de Thierry guidaient la gestuelle de son corps, la pénétrant dans des alternances de rythmes. Son corps de Statue africaine   suivait la cadence. Ils étaient bien loin de leurs ébats d’adolescents timorés ! C’était désormais,un homme et une femme dont les corps se comprenaient, se parlaient, dialoguaient à travers des mouvements, des caresses, l’échange de leurs souffles respectifs. Et sans prévenir, avec traitrise, il évacua sa semence à l’intérieur de sa moitié charnelle. Il avait essayé de retenir les flots qui ne demandait qu’à  sortir, mais la violence de la jouissance qu’il venait de connaître était incontrôlable. Ils restèrent enlacés quelques instants, toujours silencieux. Les mots n’avaient plus leur place après tant de passion. Les douleurs, le manque, l’absence, les tensions anesthésiées depuis vingt ans venaient enfin de s’exprimer. Ouvrant la porte à de nouvelles peurs. En apercevant, l’heure qu’affichait le réveil : 22 :39 ; Fanny s’éveilla de sa douce torpeur et s’éjecta du lit malgré elle, résignée. Sans mot dire, Thierry la suivit dans la  salle de bain  prolongeant ainsi leurs ébats sous la douche. Fanny, sevrée par des mois de frustration était insatiable. Chaque  caresse, et chaque attouchement prodigué par son amant ravivait en elle une ardeur  assoupie depuis des mois. Elle rompit le silence, pendant qu’elle s’habillait, culpabilisée par le regard interrogateur de Thierry : -Chéri, je n’ai pas le choix, je dois rentrer  et je ne peux pas découcher. Par ces mots, elle essayait aussi de se faire une raison. A contre cœur, il se rhabilla en silence .

Ils quittèrent discrètement  leur nid d’amour , l’un après l’autre, s’assurant de ne pas être surpris ensemble. Fanny sentit en elle une certaine angoisse. Pourvu que je ne fasse pas de drôle de rencontres ! Fanny soulagée s’installa dans la voiture de Thierry , le trajet s’effectua chacun prenant conscience de ce qu’ils venaient de vivre. Ils s’embrassèrent en silence, chaque séparation leur était pénible.Une fois sa voiture récupérée dans le parking d’Adé, elle fonça chez elle. C’était donc si facile de basculer dans le camp des femmes adultères. Elle venait de vivre un moment inouïe , chargé d’émotions. Mais une fois arrivée dans sa chambre conjugale,elle se pressa sous la douche afin de procéder aux grandes ablutions censé la purifier de toute souillure physique. L’euphorie des retrouvailles torrides venait de laisser la place à un sentiment de culpabilité. Elle vérifia son mobile enfoui dans son sac à main et remarqua les nombreux appels en absence de John. Il avait fini par lui envoyer un sms : bonne nuit ma femme chérie. Quel hypocrite ! Il se vautrait avec une midinette illettrée d’une vingtaine année et il osait … Chassant toutes ses pensées impures, elle s’emparât de son tapis de  prière bien résolue à demander le pardon d’Allah pour son péché.

Thierry souffrait de devoir la laisser partir et une fois chez lui , il hésita à répondre aux nombreuses sollicitations des Librevilloises. Vidé, déprimé, il enfila un jean et une chemise façonnable, mit des mocassins Gucci et prit la direction du Casting. Un tour en boite de nuit pour me rafraichir les idées. Une femme ou un verre ? Ou les deux. Ce qu’il venait de vivre avec Fanny n’avait rien en commun avec ses parties de jambe en l’air à la chaine. Il venait de faire l’amour à la femme de sa vie. L’épouse d’un autre. En proie à une crise de jalousie aigue, il lui fallait un exutoire. Une femme. Il finit par trier parmi son fan club local et donna rendez vous en boite à une Léa qu’il baisait de temps en temps. Pardon Fanny !

EVASION VIRTUELLE 16-LE JOUR J

Posted by: naboulove on: October 19, 2009

miel

16-LE JOUR J

Le vol Paris-Libreville lui sembla interminable. Fanny je vais te faire l’amour nuit et jour ! La voix du chef de la cabine business d’Airr France annonçant l’imminence du déjeuner , le ramena brutalement à la réalité . Il se  rappela, malgré lui, du statut d’épouse bien sous tout rapport de son Amante. Pourquoi est-ce que je pouvais avoir toute ces connes dès que je claque des doigts et la seule femme dont j’ai réellement envie est indisponible ? Pourquoi ? Un mois loin de son fantasme fait femme ,et ses sentiments avaient exacerbés son désir. Il s’assoupit avec en tête, l’image de sa déesse.

L’ex-femme au foyer irréprochable se préparait à boire jusqu’à la lie la coupe de l’adultère . Toujours pétrie de remords mais incapable de résister à l’appel sournois du désir. Elle  s’affairait à  prendre soin de son corps, instrument du pêché. Et sa journée s’organisait entre des soins de corps au Spa et de longues heures chez la coiffeuse. Etre belle pour toi mon amour. Une fois son enveloppe charnelle apprêtée, adoucie, ses ongles vernis, son visage nettoyé, et ses cheveux impeccablement coiffée, elle entreprît de choisir ses tenues pour les prochains jours. Elle était surexcitée comme si elle partait en escapade amoureuse. Cerise sur le gâteau, elle sortit son attirail de séductrice sénégalaise : petit pagnes, colliers de rein, encens et huiles aphrodisiaques parfumées au musc et à l’ambre. Elle entama le rituel de préparation enseigné par ses tantes paternelles lors de ses séjours au  Sénégal. Elle choisit des perles fines assortit avec un petit pagne baptisé « Keuyitou keurgui » (les papiers de maison) .Cela faisait des lustres que son mari ne prêtait plus attention à tous ses tralalas. Mais dernièrement il lui avait susurré à l’oreille l’air coquin  « Chéri, pourquoi tu ne mets plus tes petits pagnes sexy comme avant ? , Elle faillit lui répondre «  va te faire foutre, espèce de fourbe ! ». Elle lui avait sacrifié ses rêves, sa carrière .Il  l’a remercié avec une jeune maitresse !!! Elle brancha son encensoir électrique et se mit debout jambes écartées afin de bénéficier des bienfaits de la fumée odorantes du thiouraye. Elle avait pris soin de s’épiler et admira,  satisfaite, le triangle noir et soyeux réfléchi par le miroir de la salle de bain. Presque prête pour te faire ta fête Thierry. !. Une fois sa taille ceinte de dial dial fins et parfumées à souhait, elle attacha son béthio sexy, petit pagne crocheté à large trou et hésita à mettre un string. Décidée à faire tourner la tête de son amant, elle opta pour la tenue d’Eve sous son pagne.Le rituel de beauté achevé, elle entreprit de se frotter avec l’un des onguents pour la protection que sa mère lui envoyait régulièrement de Dakar, les « safaras », lotions noirâtres contenant les sourates écrites à l’encre noire et macérant dans de l’eau parfumée. Ils étaient dissimulés, loin des yeux indiscrets  dans un compartiment secret de son dressing qu’elle fermait à clé. Une fois ouvert, elle reprit connaissance avec des poudres longtemps oubliées censées la protéger et attirer l’amour. La chance, le succès. Qui sait ? Elle le fit avec scepticisme mais , en plus de ses prières, elle devait s’assurer la protection de ses ancêtres  peuls animistes. Ces derniers avaient certes islamisés l’Afrique subsaharienne mais ils n’avaient jamais vraiment renoncés à leurs poudres magiques légendaires. Elle se frotta avec les uns, mis quelques pincées de certaines poudres sur la langue, en fit brûler d’autres avec de l’encens. Tout cela la  rassurait, elle, qui  s’apprêtait  à commettre le péché de chair. « Tu ne commettras point d’adultère », le commandement divin faisait écho dans sa tête. Mais elle savait qu’elle n’avait pas la force de reculer. Elle enfila une robe en basin teint bleu bakha , au col légèrement rebrodés de fils d’ors. Elle chaussa des sandales plates sobres et discrètes de peur d’éveiller les soupçons de son personnel de maison. Elle savait d’expérience, qu’il fallait se méfier des invisibles. Ils pouvaient s’avérer très dangereux. Ils observaient tout dans les maisons et chacune de leurs retrouvailles étaient l’occasion d’analyser avec délectation les changements d’attitudes de leurs employeurs. Prudence Fanny . Je dois être prudente.

Pendant que sa femme se préparait à aller rejoindre un autre homme, John était perplexe, abattu et dépassé. Sa jeune maitresse avait accepté d’avorter mais unique- ment à condition qu’il lui achète une maison à Kinshasa pour toute sa famille. Elle savait que son amant était un gros poisson et elle ne le laisserait pas s’en tirer à si bon compte. Il avait brisé ses rêves de mariage et surtout ses espoirs de sortir de cette vie de nuit. Il devait payer ! Et elle allait le lui faire payer ! Elle repensa au conseil de sa « grande sœur » Gina , l’amie qui l’avait entrainée à Brazzaville « Cynthia, il ne faut jamais donner ton cœur à un client ». John empêtré dans son mic mac Brazzavillois résolu d’essayer de rentrer un ou deux jours plus tôt à Libreville. Il avait besoin de sa famille,du réconfort de sa maison. Ah Fanny pardonnes moi.

Allô Fanny , je vient d’aterrir à Libreville. En entendant la voix de Thierry son cœur se mit à bondir dans sa poitrine. Le moment approche.-J’ai réservé une suite au Maisha, c’est plus discret et romantique. Fanny, avare de parole était dans un état fébrile. Elle vérifia les devoirs des enfants, regarda quelques dessins animés avec eux, afin de se donner bonne conscience et enfin se décida à appeler Adé pour lui demander un service. – Adé, s’il te plait est ce que je peux laisser ma voiture dans le parking de ton immeuble ? Elle ne lui laissa pas le temps de l’interroger pour satisfaire sa curiosité et raccrocha en disant : - Merci, j’arrive. Adé trouvait son amie bien mystèrieuse ces derniers temps :Peux être qu’elle allait voir un marabout ? Pour l’heure, elle avait bien senti la réticence de Fanny à se dévoiler. Elle finira bien par m’en parler. Les secrets ça pèse lourd . Elle en savait quelque chose elle dont les amants puissants lui confiaient des secrets d’état qui ne les empêchaient néanmoins pas de la jeter après usage comme un kleenex.

Fanny démarra sa voiture angoissée, excitée, mais heureuse. Elle vérifia sa mise dans le rétroviseur, sachant qu’elle empruntait un chemin de non- retour. En avant Fanny Kane ! Sans un regard vers sa maison, elle s’élança sans hésitation vers son destin.

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

Evasion Virtuelle 15- 48 HEURES…

Posted by: naboulove on: October 16, 2009

15- 48 HEURES…

H-48heures Paris une suite du Concorde Lafayette

Encore 48  heures. Pire que celles d’Eddy Murphy. Mouvementées, entre la sueur et le sperme. Torturé par la jalousie, Thierry multipliait les partenaires, la débauche, le sexe. Il devait oublier que Fanny dormait dans le lit d’un autre .Et il doit sûrement  la toucher ! Et dire qu’elle n’est revenue dans sa vie il n’ya un peu plus d’un mois ! Et elle a chamboulé la quiétude de son esprit. Tout avait changé. Le destin et ses pieds de nez. Moqueur, toujours près à narguer le fleuve tranquille d’une vie que Thierry pensait réglé. Plus que 2 jours et je la serrerai dans mes bras !. Ce soir là, Linda, remplaça Christiane. Et une Awa succéda à cette dernière le lendemain. Boulimie sexuelle pour amoureux transie.  Qu’elles soient minces ou  légèrement enveloppées,  Cela lui importait peu. Elles étaient la chair dans laquelle il se perdait pour apaiser le tison de la jalousie. Après tout, elle aussi partageait son lit avec un homme ; tous les jours ; Pour le meilleur et pour le pire. Et pourtant, il voulait Fanny pour lui tout  seule et pour la vie. Pour s’évader Il s’enfonça profondément dans sa partenaire haletante et ruisselante « Oh Oui, Thierry, c’est bon ! »… Troublé, il se déchargea dans le énième préservatif de la semaine. Dégouté de lui-même, il offrit à la beauté nubienne à peine remise de ses émotions de la déposer chez elle : « Je vais retrouver un ami quelque part, je te dépose ? » . Aucun ami à retrouver, juste le besoin imminent de se débarrasser au plus vite de sa partenaire. Il avait juste envie d’être seul, pour pouvoir penser tranquillement à ELLE. Submergé par la honte, il entra dans un monologue moralisateur : je suis un homme amoureux, mon cœur est pris alors pourquoi faire subir tous ces assauts à mon corps ? Il jouissait mécaniquement,  comme un moteur bien huilé mais sans conviction déversant sa précieuse semence dans des  Manix et des Durex multi formes.

Pourquoi tant de folies, tant d’excès ?

 Quelques heures avant de la voir…

 

H-48 Heures Brazzaville terrasse du restaurant Mamy Watta

Kin la belle narguait un John assis à la terrasse du restaurant  Mamie Watta surplombant les rives du fleuve Congo. La ville natale de Cynthia et son rivage bordé d’immeubles lui rappelait le pétrin dans lequel il se trouvait. Comment en sortir ? Ses réunions à la Banque Centrale s’étant prolongées, il resterait quelques jours de plus à Brazza. Son purgatoire  avait l’allure d’une petite ville marqué par les souvenirs de la guerre de 1997 : impacts d’obus, bâtiments calcinés et détruits. Comment me sortir de là. Incapable de parler à cœur ouvert avec Cynthia, il s’était laissé aller à lui faire l’amour sans préservatif , après tout, « cabri mort n’a pas peur de couteau » . Qu’avait-il à perdre ?  N’était-t-elle pas déjà enceinte ? Enceinte !! Ce mot résonna dans sa tête. Ses collègues parlaient et parlaient et parlaient pendant tout le repas.L’un deux annonça que sa femme venait de tomber enceinte : «  C’est notre premier enfant après 5 ans de mariage » déclara t-il sourire aux lèvres. Pendant que John s’auto-flagellait ,  s’apitoyant sur son triste sort, Monsieur « LeFuturPapa » faisait étalage de son bonheur. Cynisme de la vie !

« Ce soir , je parlerai à Cynthia, tiens je vais même de l’accompagnerait chez le médecin, et je la dédommagerai à prix d’or ». Comme si un enfant avait un prix, fut-t-il qu’un embryon de fœtus ? Elle était si heureuse, quand elle lui annoncé la nouvelle ; mauvaise pour lui. Comment on vas l’appeler cheri na ngayi ? lui avait-t-elle demandé. Il aimait ça avant quand elle marquait son territoire avec ses mon chéri en Lingala. Maintenant la langue de Koffi Olomide sonnait à son oreille comme une insupportable cacophonie. Les ballades romantiques en lingala qui faisaient chavirer le cœur de l’Afrique Noire, avaient précipitées sa perte. Le souvenir de ces rumbas sensuelles ou la belle congolaise sexy en diable se collait à lui en roulant des hanches avaient maintenant un arrière gout d’amertume. Le DG le tira de ses pensées : « PDG, le Dircaba du Ministre des finances de l’économie et du Budget vient de confirmer la réunion de demain  par sms. » Il lui répondit par un « D’accord »  laconique,  las de devoir faire bonne figure alors qu’il était empêtré dans une toile d’araignée inextricable. Ce soir je dois la convaincre ! Ah si seulement j’avais pensé avec ma tête, au lieu de mes sens !!

Mais la saison des regrets était passée.

Il fallait agir. Et vite !

H-48heures Libreville Domicile des Nsiemi

Les appels de son mari ennuyait Fanny au plus haut point, surtout qu’elle savait…Sa maitresse ne vivait-elle pas à Brazzaville ? La morsure de l’humiliation s’était estompée au fur et à mesure que sa passion pour Thierry grandissait. J’aurais pété un câble sans toi mon amour ! Encore 48 longues heures à attendre. Seigneur protégez Thierry. Protégez-moi. Protégez nous. Qu’Allah me le ramène en bonne santé à Libreville. John lui avait annoncé que son séjour à Brazza devrait se prolonger pour cause de réunion. Elle jubilait intérieurement en l’écoutant, mais ne laissa pas transparaitre sa joie dans sa voix. Elle pria pour que Thierry reste plus longtemps que les deux jours initialement prévus et pianota une fois de plus un sms à son aimé lui réitérant son amour.

H-15 Heures . Paris . Toujours dans la suite du Concorde Lafayette

Les femmes s’étaient enchainées l’une après l’autre dans son lit, et ce, jusqu’à  maintenant. Thierry venait de déposer la belle Awa. Il s’abstint de donner suite aux sollicitations par sms d’autres femmes, prêtes à venir dans son lit. Après tout il lui fallait de l’énergie  pour pouvoir combler sa dulcinée !  Comme un sportif épuisé par des journées d’entrainement, il sombra dans un profond sommeil. Ses dernières pensées lucides étaient pou sa Fanny :son mari est absent. Il sourit les yeux clos, dans un murmure :  Fanny je t’aime !

H-18Heures Hotel Olympic Palace Brazzaville

Pendant leur conversation, Cynthia est rentrée dans une colère noire , jurant en Lingala , martelant John de ses maigres points .

- Lokuta !Lokuta ! Menteur !Menteur ! Moi j’ai dis à mes parents que tu allais me doter et aujourd’hui toi, tu me demandes de tuer mon enfant ? Menteur !! Tu vas me le payer !

Il eu un mal fou à calmer la jeune furie. Elle avait placé tous ses espoirs en lui. Elle, qui avait arrêté les passes avec les vieux blancs en quête d’exotisme qui trainait au RamDam ! Comment a-t-elle pu croire qu’un homme comme lui aurait pris une deuxième femme comme elle. Eh NZAMBE ! Oh Mon Dieu ! Elle pensait que les autres africains était différents des Congolais. Finalement tous les mêmes ces hommes ! En John, elle pensait avoir trouvé son salut. Et lui,  il voulait se débarrasser de leur enfant. Il va voir ! s’il veut que j’avorte , il va banquer ! Elle se rappela qu’elle était une Pute après tout. Son métier c’était de monnayer son corps. D’habitude, c’est elle qui baise et elle venait de se faire  baiser …Quelle idée d’avoir cru que j’allais devenir une femme honorable. Mwasi ya libala. Cynthia décida de soutirer à John le maximum pour bons et loyaux services…Je vais reprendre du service Mr Ntsiemi et vous serez ma prochaine victime. Elle se calma et commença à cogiter afin d’élaborer un plan de défense. Qui sème le vent récolte la tempête !  Calmée,elle enlaça sa proie afin de l’exciter pour qu’il lui fasse l’amour. Peu d’hommes résistent à certaines caresses et John perdait le sens des réalités, quand le corps de Cynthia touchait le sien.

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

Evasion Virtuelle 14-Piégé!!!

Posted by: naboulove on: October 8, 2009

Evasion1414-Piégé !!!

Don’t worry be happy ! John fredonnait ce tube des années 90 depuis son arrivée au bureau. Il était  heureux d’avoir pu retrouver la connexion avec son épouse. Elle a jouit !! Son visage se rembrunit à la pensée de sa mission imminente au bureau de Brazzaville. Il était le seul habilité à mener les réunions avec le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo et la perspective de se retrouver face à Cynthia ne l’enchantait guère :Il devait rompre à tout prix.

Pour Thierry, la nuit avec Christiane avait été torride. Elle s’était appliquée à lui faire l’amour  avec beaucoup de douceur. Même si son cœur n’est pas à moi, je vais me consoler avec son corps ! Le savoir faire  de la belle n’eurent pas raison du vide que causait l’absence de Fanny dans son cœur. Thierry le séducteur ! Il fit un grand sourire à son reflet dans le miroir faisant face au lit. Son épouse en cure à Biarritz , il avait tout le loisir de s’évader avec une de ses « Amies » parisienne au Concorde Lafayette qui lui faisait office de garçonnière . Il ressentit un certain malaise en pensant à Fanny .Il faut que je change ma façon de vivre ! Mais ces rencontres furtives qui comblaient depuis des années son incapacité à tomber amoureux étaient ses bouées de sauvetage. Son cynisme ne s’était pas adouci en retrouvant son  amour perdu. Au contraire, chaque nuit ou ébats passés avec une femme , lui permettait d’oublier Fanny dans le lit d’un autre. Son mari… Les affres de la jalousie lui consumaient le cerveau , son seul exutoire résidant dans ces rencontres sans lendemain. Il avait toujours pansé ses plaies avec un trop plein de parties fines. N’étant ni un grand amateur d’alcool ou de sorties nocturnes excessives comme certains de ses amis aussi « maribataires » que lui , il se rabattait sur un vice plus sportif : le sexe. Faire l’amour pour oublier, pour s’occuper le corps et l’esprit, pour s’enivrer et supporter les douleurs, celles d’hier et d’aujourd’hui.  Mais je ne désire que Fanny.

« Ne t’inquiètes pas mon amour , je suis à toi pour toujours… » , Fanny écoutait en boucle la chanson de Patience Dabany, envoyant un message subliminal à son amant absent depuis trop longtemps. Faire l’amour avec son mari la dégoutait et moins elle avait envie de lui, lus il redevenait son John d’avant. D’avant sa maitresse. Et moi j’ai un amant. Elle grimaça un sourire et dit à voix haute : Ménage à quatre ! Damnation ! Toutes les déviations de la bonne société Librevilloise qu’elle passait son temps à condamner illustrait si bien sa situation actuelle. Ah si Yaye Fatou savait ça !En pensant à sa mère rentrée depuis longtemps au Sénégal, elle fit une moue moqueuse. Si elle savait , elle me renierait ou alors irait me faire exorciser chez un marabout au Fouta ou en Casamance ! Elle rit jaune,sa mère  était persuadée que tout faux pas de sa progéniture ne pouvait qu’être  lié à un mauvais sort lancé par un parent jaloux . Mais non Yaye Fatou, je suis amoureuse de Thierry ! Elle répéta tout haut sa phrase s’adressant à la photo de sa génitrice qui trônait sur sa coiffeuse. Ses sentiments  pour Thierry étaient irrépressibles. Vingt ans d’attente, de regrets, de douleur tue, mus en un amour d’une force incroyable et invincible.

Je l’aime. Je l’aime.Je l’aime…

- C’est mon tour ! j’ai gagné ! j’ai gagné ! Le brouhaha causé par les cris des enfants affairés devant leur PlayStation la tira de ses pensées. Quand vais-je te revoir Thierry ? Ils avaient attendu vingt ans avant de se retrouver, mais les quelques semaines qui venaient de s’écouler lui semblèrent une éternité.

-La réunion avec la présidence est maintenue pour la semaine prochaine ?  demanda Thierry à son assistant  du Gabon au téléphone. Hourra ! Youpi ! cris de joie intérieur suscités par la réponse affirmative de son collaborateur. Il appela sa femme et lui annonça son départ prochain pour Libreville. Mme Ndong Nze ne serait pas de retour avant le départ de son mari mais lui souhaita bonne chance. Quiconque les écoutait parler ne pouvait pas imaginer qu’ils étaient mari et femme. Deux étrangers qui cohabitaient et se croisaient dans les couloirs de leur appartement commun. L’espoir d’avoir un enfant était mort avec le dernier diagnostic de son épouse. Elle rentrait peu au Gabon , gêné par sa stérilité alors que ses frères et sœurs avaient tous une  ribambelle d’enfants. En raccrochant d’avec son mari, elle soupira en regardant son amant de 25 ans allongé dans son lit. Je suis une femme ratée !

-J’attends famille… John suivait distraitement les analyses du Directeur Général de l’agence Brazzavilloise de Future Bank. Il se répétait mentalement les paroles de Cynthia,  il n’avait pas compris au départ, peu familier avec les expressions francophone du Congo Belge d’où elle était originaire . Elle le lui avait répété en français de France :-Je suis enceinte chéri !».Elle rayonnait de bonheur tandis que  lui vit son monde s’écrouler sous ses pieds. Catastrophe ! Il lui fut difficile de contenir sa colère mais fit l’effort de se ressaisir. Je lui avais donné tant d’espoir, fait des promesses ! John fait face à tes responsabilités… Je ne laisserai pas cette petite pétasse me cacher ma vie ! Il l’avait laissée seule avec sa joie à la terrasse de la Mandarine ou grouillait  le tout Brazza professionnel. Abattu, il avait rejoint ses collaborateurs à la Banque.

 – PDG, ça ne va pas ? Vous avez l’air malade ? La question de la Responsable Marketing ne fit qu’enfoncer le clou dans son cœur. Néanmoins, il s’empressa de lui répondre avec un sourire feint :

- Merci Mademoiselle Mavougnat, je dois avoir un peu de malaria mais ça va aller ; Son cousin Fira qui était Brazzavillois l’avait pourtant prévenu : – John Il y a pleins de belles femmes à Brazza et de bonne famille, laisse tomber ta fille de boite.

Mais il s’était entêté pensant être amoureux, aveuglé par le désir et troublé par les déhanchements de Cynthia. Voilà qu’aujourdh’ui, il regretta amèrement de n’avoir pas écouté. John avait sauté  à pied joint dans le piège et maintenant, il se refermait sur lui. Désemparé, il envisagea d’aborder l’avortement…Cette idée le rassura, même s’il était conscient que la bataille allait être difficile. C’est alors, qu’ il fit quelques remarques superficielle sur la présentation des résultats de Future Bank Brazzaville.

 J-2…Fanny comptait les jours . Thierry reviens. «  Reviens on va vivre la main dans la main, amoureux, malheureux ça ne fait rien » encore une vieille chanson qui s’immisçait dans ses pensées. John absent de Libreville, elle allait pouvoir passer plus de temps avec son amant. Ils auraient quelques jours rien à eux avant le retour de son mari.

« Hello, is it me you’re looking for ? I can see it in your eyes, I can see it in your smile, are you somewhere feeling lonely or is someone loving you?”  Fanny atteinte de romantisme aigue jouait une playlist de ses chansons d’amours préférés. Bientôt nous ferons l’amour toi et Moi. Remords et culpabilité s’évanouirent à l’écoute de la chanson d’amour intemporelle de Lionel Richie : « Hello, est-ce moi que tu cherches ? je le vois dans tes yeux, je le vois à ton sourire, es- tu quelque part seul ou as-tu trouvé quelqu’un pour t’aimer ? » Chantonnant avec nostalgie, elle  attendait le jour J. Qui vivra verra

Evasion Virtuelle 13-Obsessions

Posted by: naboulove on: October 2, 2009

evasion1313-Obsessions

 Assis autour de la table de Maman Ntsiémi, John et Fanny mangeaient en silence, pendant qu’Adama et Coumba se disputaient à grand bruit les faveurs de leur Grand-Mère et de leurs tantes. John observa sa famille et sourit réconforté par sa future rupture d’avec Cynthia. Il regardait avec admiration sa mère le regard emprunt de bonté et de générosité. Une vraie sainte maman !  Elle avait subie en silence les écarts de son mari volage et insatiable, et jamais elle n’avait égratigné l’image de son unique amour devant sa progéniture. John l’avait vu délaissée et abandonnée par son mari , néanmoins,malgré les morsures causés par les infidélités successives et interminable de son mari, elle l’accueillait toujours, sourire aux lèvres , avec des mots réconfortant et un plat de N’koumou bien pimenté  accompagné de bâtons de manioc immaculé. Ah maman des femmes comme toi il n’y en a plus ! Il revivait ces scènes de sa vie d’enfant, souvenirs ravivées par ce déjeuner dans la maison ou il est devenu homme. Je ne serais pas comme mon père ! Il entama un monologue intérieur  violent et se jura de protéger sa famille envers et contre  tous,fut-ce contre lui-même.

 –Encore un peu de Mpossé mon fils ? Sa mère exhiba le plat de vers palmiste frits devant lui et il ne pu refuser. Il évita le regard de Fanny , qui ne s’était jamais faite aux habitudes culinaires de son pays d’adoption.

Maman Ntsiémi remarqua l’indifférence de sa belle-fille .Elle qui réagissait toujours à la présence de Mpossé, et autres délicatesses de la forêt qui trônaient en bonne place  à la table du repas dominical de la grande famille Ntsiemi. Auraient-ils des problèmes de couple? Elle chassa les doutes de son esprit en voyant sa belle-fille servir à boire à son mari. Cela la  rassura. Peut-être était-elle enceinte ? Elle admira la famille que son fils avait bâti avec sa belle sénégalaise et remercia le Seigneur d’avoir vécu assez longtemps pour le voir.

Ces dernières semaines, John n’avait cessé de mettre tout en œuvre pour plaire à sa femme : des chocolats fins, des fleurs , des mots doux… Tout comme aux premiers jours de leur relation, mais Fanny lui semblait distante , évasive et détachée. Il s’était inquiété se posant une seule question : Savait-t-elle  pour Cynthia ?

.

Fanny jeta un coup d’œil furtif sur sa famille, rongée par la culpabilité. Et pourtant, elle n’arrivait pas à se défaire de la vision des moments passés avec Thierry. Elle n’arrivait pas à soustraire de son cortex les images illicites de ce fameux jour . Elle habituellement si dévote, avait beaucoup de mal à se concentrer lors de ses prières quotidiennes et elle craignait sincèrement  que les foudres divines ne s’abattent sur elle. Femme d’adultère ! Tous ces évènements avaient provoqué une sérieuse remise en question et des questions douloureuses s’agitaient dans sa tête tête :Et si j’avais épousé Thierry ? Et si j’avais eu notre enfant ? Et si je n’avais pas su que John me trompait ? Et si ? Et Si ? Et Si ?

-       Merci tata ! crièrent en chœur Adama et Coumba ravie par l’énorme boule de glace qui n’attendait qu’à être attaqué par les cuillères.

Les enfants . Mes enfants. Elle regrettait de n’avoir pas parlé à Thierry de leur enfant, qui aurait eu 16ans s’il avait vécu !  Fanny eut beau faire des efforts , elle était avec Thierry en pensée. Elle vivait ce déjeuner Dominical chez sa belle-mère comme un véritable calvaire.

Sourire ..Jouer à l’épouse parfaite

Maman Ntsièmi l’aimait comme sa propre fille et elle ne voulait en aucun cas l’aleter par son calme inhabituel.

Sourire à John…Servir à boire à John….  

Elle s’acquitta mécaniquement de ces tâches ,s’imaginant qu’elle servait Thierry. Astafiroughllahi! Qu’Allah me pardonne !!

Curieusement, les confidences de sa meilleure amie avait eu un grand  d’impact sur elle. Elle ressassait dans sa tête les phrases d’Adeline :Je ne demande même pas un mari, je veux juste un homme qui reste avec moi qu’il soit marié ou célibataire. Je suis fatiguée …et réalisât en regardant sa famille qu’elle était une femme comblée. J’ai un mari, deux enfants…Ces pensées la réconfortèrent et elle essaya de redevenir –l’espace d’un déjeuner- Mme Ntsièmi, épouse et mère de famille aimante et attentionnée. Mais elle avait aussi Thierry…

 Tu me manques… Il lit avec plaisir le dernier sms de Fanny.

Thierry bombardait Fanny d’emails, de sms doux et de coups de fils passionnés. Il aimait à se remémorer au détail près son odeur, ses courbes, la douceur de sa peau et la saveur de sa langue. A chaque moment libre et même en réunions, il revivait ces moments d’extase et réalisa combien elle lui avait manqué toutes ses années. – Thierry ? A qui penses-tu ? Tu me parais bien lointain depuis que t’as reçu ce sms…l’interrogea Christiane, interrompant ses douces rêveries. Il sourit à la belle camerounaise qu’il « voyait  » de temps en temps quand il était sur  Paris. Il se sentait en confiance avec elle et  l’aimait comme une cousine avec qui on entretien des relations incestueuses. Contrairement aux Nadia, Khadidja et autres beautés africaines  qui constituaient son harem parisien, elle se pliait aux règles du jeu « Donnant, Donnant ». Les autres voulait toujours plus que les cadeaux, et l’argent qu’il était en mesure de leur donner, elles revendiquaient toujours une place dans sa vie après quelques nuits acrobatiques.

– Alors ? Dis moi tout. Tu as un souci de travail ? Insista Christiane en lui caressant la main.

Thierry hésita mais il était obnubilé par Fanny , et le fait de n’en avoir parlé à personne le rongeai. Il devait se confier  à quelqu’un. Après tout Christiane était d’un autre pays et il n’aurait pas à donner de détails. Alors timidement, presque timoré, comme un petit garçon ayant désobéi à ses parents, il lui raconta l’histoire de Fanny. Il évita bien sûr les détails croustillants et sexy, s’attardant plutôt sur le pouvoir qu’elle exerçait sur lui. Christiane fut émue en  réalisant que l’homme si sûr et arrogant qui dinait  avec elle, n’était en fait un grand romantique. Cependant, elle ressenti un pincement de jalousie mêlé à de la déception, car elle avait toujours nourrit le vœu secret de  conquérir son cœur un jour. Elle attendait patiemment qu’il s’attache à elle mais elle comprit aujourd’hui qu’il avait toujours attendu cette femme là. Elle fit mine de compatir exprimant en fait  sa propre douleur.

Fanny vivait dans l’attente des messages et appels de son amant. Leurs échanges  devenaient  de plus en plus osés , ils avaient brisés définitivement le mur de la gêne. Elle devait encore tenir une semaine avant le prochain séjour de Thierry et jubilait en imaginant leurs retrouvailles torrides. Chaque caresse de John la laissait de glace et elle devait penser à ses ébats adultérins inachevés pour allumer une petite flamme en elle. Ce soir là, elle s’imagina dans ses bras, objet de ses désirs les plus fous.  Elle murmura à voix basse  de façon inaudible « Oh Thierry ! Je t’aime ! » Pendant que son mari encouragé par l’ardeur inattendue de sa femme la martela de coups de reins effrénés espérant atteindre en symbiose  avec elle le nirvana sexuel.

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

Evasion Virtuelle 12-Confidences de Femmes

Posted by: naboulove on: September 30, 2009

Evasion1212-Confidences de femmes

-       Adé !!!! Arrêtes de me harceler  ! ricana Fanny en baissant les yeux.

Depuis le fameux jour ou elle lui avait demandé de la couvrir en cas de…Adeline voulait connaître le fin mot de l’histoire. Elle bombardait  sans arrêt son amie de questions gênantes : -C’est qui ? Je le connais ? Il est beau ? Il est riche ?  Fanny n’étant pas prête à se dévoiler , elle resta silencieuse souriant  en guise de réponses au flot de questions embarrassantes de son amie. Cette dernière avait toujours était trop curieuse, alors qu’elle était peu prolixe quand il s’agissait de raconter ses aventures. C’était souvent dans les salons de coiffures ou autres lieux publics , saisissant des bribes de conversations, que Fanny entendait des femmes conter les frasques d’Adeline. Ah si tu savais Adé !!  se dit elle en son for intérieur elle savourait chaque seconde de souvenir de cet après midi là, deux trop longues semaines s’étaient écoulées depuis ce JOUR. Son Amour secret était reparti sur les routes dès le lendemain, mais il ne manquait pas de lui envoyer sms et email lui rappelant constamment combien elle comptait pour lui. Ils étaient retombés en adolescence, faisant abstraction – du moins pour l’instant – des réalités de leurs vies respectives. Elle savait qu’un jour il leur faudrait se réveiller et  faire des choix, mais pour le moment, ce jour lui sembla encore  loin. Et John avait une maîtresse.

-       Fanny tu as trop changée , tu transpires le bonheur à grosse goutte : ton sourire, l’éclat de tes yeux… Que me caches-tu ? Insista Adeline.

-       Rien ma sœur, juste la satisfaction de reprendre contact avec le monde de l’art à travers Internet. Quel plaisir!! Tant de choses ont évolué depuis que je me suis coupée de ce monde ; répondit innocemment Fanny.

Mais  son amie Ne fut pas dupe. Elle savait que Fanny lui cachait bien plus que des expositions et des masques. Mais elle la connaissait assez pour savoir qu’elle était incapable de tromper son mari. Fanny avait des principes vieillots et désuets ainsi qu’une vision assez idyllique du mariage. Adeline, Elle, connaissait bien les hommes mariés. Des hypocrites qui font tout pour réfléchir une image intacte vis-à-vis à de la société et qui la nuit tombée ne manquaient pas de venir chercher réconfort et sensations  fortes auprès de femmes comme elle. Débordant de rancœur, elle reprit le récit de ses histoires de cœur : Elle avait la fâcheuse habitude de tomber sur des hommes mariés qui la comblait de montres de grands Joailliers, de bijoux hors de prix et lui offraient de merveilleux voyages, mais aucun d’eux ne restait avec elle. Ils appréciaient son rôle de maîtresse temporaire , et repartaient toujours vers leurs épouses avant d’aller rechercher l’aventure chez une autre célibataire indépendante.  Adeline avait décidé de prendre les choses à bras le corps et s’arma de courage avant de poser à son amie la question qui lui chatouillait le bout de la langue depuis le début de leur rencontre :

 - Fanny , j’ai des problèmes, j’ai vraiment besoin d’un marabout. Est-ce que tu en connaitrais un bon ?

Fanny la regardât fixement, prise d’un brusque accès de rires, et répondit en hachant ses mots:

            - un ma-ra-bout ? Que t’arrives-t-il ? Comme je suis sénégalaise, je dois forcément connaître un marabout ? C’est ça ?

-       Mais non ma sœur ! ne te vexes pas, j’ai trop de problèmes ! les hommes ne restent pas avec moi. Je ne demande même pas un mari, je veux juste un homme qui reste avec moi qu’il soit marié ou célibataire. Je suis fatiguée …

Elle étouffa un sanglot dans sa voix et n’y pouvant plus,  elle se mit à pleurer à chaude larme.

Fanny ébahie la prit dans ses bras pour la consoler :

-        Ma sœur chérie, calmes toi on va trouver une solution.

Elle n’en revenait pas Adeline Martin, la terreur des femmes mariées de Libreville, Directrice d’une des plus grandes agences immobilières de la place et accessoirement ex-Maitresse attitrée officielle du Ministre des Finances  avait donc  un cœur. Elle avait tellement travaillé son personnage de femme forte et infaillible qu’elle se prenait au jeu même en compagnie de ses amis le plus proches.elle affichait toujours une assurance sans faille en toute circonstance. Fanny comprit pourquoi les hommes finissaient par partir. Les hommes africains voulaient des femmes fortes mais qui de temps en temps n’hésitaient pas à montrer  leur fragilité et à s’appuyer sur eux. Adeline reflétait une image de femme forte et inaccessible qui finissait par les lasser. Elle savait que ce n’était pas le bon moment pour faire la leçon à son amie et hésita avant de lui proposer de l’emmener chez sa jeteuse de cauris du moment.

Et moi qui enviait la liberté d’Ade…pensa Fanny…Elles quittèrent l’appartement cossu de son amie en plein centre Ville de Libreville à deux pas de la SEEG et du Palais Présidentiel et Fanny conduisit sa voiture en direction d’Akébé, destination chez Maman Diabaté. Une petite séance de cauris devrait remettre son amie d’aplomb et l’aider à exorciser ses doutes au moins provisoirement.

Les deux amies sortirent ragaillardies et plus sûres d’elles de chez Maman Diabaté. Adeline avait retrouvé sa superbe et revêtue sa carapace d’intouchable. Fanny avait été attendrie par sa détresse et alors qu’elles longeaient le boulevard du bord de mer dépassant le site de la foire, elle  dit à haute voix :

- on va terminer la journée par un petit péché mignon, allez je t’invite au « palmier doré » ! ,

elle ne laissa pas le temps à sa passagère de riposter et s’engagea en direction du salon de thé, rendez vous du tout Libreville .

 – D’accord ma chérie mais tu me dépose après à l’agence , capitula Adeline vaincue d’avance. –J’enverrai un des chauffeur du bureau récupérer ma voiture à la maison.

L’entrée des 2 élégantes ne passa pas inaperçue, elles avaient des beautés et des styles différents mais étaient de ces femmes qui dégageaient une aura irrésistible. Fanny avait une tenue aérienne et colorée qui faisait ressortir le velouté de son teint d’ébène et Adeline portait un tailleur pantalon impeccablement coupé de couleur sombre qui illuminait son teint basané. Hommes et femmes attablés tournèrent la tête pour les admirer.

Se régalant de pâtisseries à 10000 calories, elles reprirent leur papotage sur un ton plus léger. Adeline ne tarit pas d’anecdote sur ses nombreux amants mais elle n’avait pas oublié les cachotteries Fanny qui la turlupinait: -Alors c’est qui l’homme de ton passé qui a ressurgit dans ta vie ? , elle posa sa question de manière désinvolte faisant référence à une phrase de Maman Diabaté. Fanny prise au dépourvue et piégée répondit sur un ton peu amène : - J’ai retrouvé Thierry sur internet.

©Evasion Virtuelle NabouLove 2009

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